MARIANNE MISPELAËRE

LES LANGUES COMME OBJETS MIGRATEURS
phase recherche
ateliers expérimentaux et conversations
mars 2020 - mars 2021

phase production
formulation du protocole et réalisation de l’œuvre
réalisation d'un film
septembre 2021 - mars 2022
dans le cadre de l’action Nouveaux commanditaires, soutenu par la Fondation de France, la Fondation Carasso, la Fondation des Artistes, le FRAC PACA, l’Académie d’Aix-Marseille
médiation – production : thankyouforcoming
commanditaires : enseignantes en lettres et langues, élèves, professionnelle des langues

L’artiste Marianne Mispelaëre s'est vu confié, grâce au dispositif Nouveaux commanditaires, le projet « Les langues comme objets migrateurs ». La commande lui a permis de développer plusieurs oeuvres en étroite collaboration avec des élèves pendant deux ans (2020-2022) au collège Vieux Port, au lycée René Caillé ainsi qu'au lycée Victor Hugo à Marseille. Accueillant des classes caractérisées par la multiplicité et la diversité des langues et des cultures, les commanditaires (enseignantes, élèves, professionnelle des langues) ont désiré travailler avec Marianne Mispelaëre dans une perspective de savoir-faire avec les différences, allant contre toute prétention universaliste de la langue.

Le travail collaboratif que l'artiste a mis en place interroge les langues comme objets migrateurs, l’exil et la transmission, la créolisation, l’interprétation, le concept d'identité. Les enfants, principaux acteur·trices de ce travail, ont inspiré, accompagné et orienté l'artiste dans sa recherche. Si beaucoup sont né·es en France, ils et elles sont pour la plupart polyglottes. D'autres, allophones, s'approprient la langue française. Partant de leurs expériences personnelles des langues, la réflexion s'est construite de manière empirique.

L'artiste s’est appuyée sur un ensemble de questions : qu’est-ce que cela veut dire, parler plusieurs langues ? Comment notre (nos) langue(s) nous construit(-sent) ? Et inversement, comment, en la (les) performant, la (les) modelons-nous à notre tour ? Comment le langage conjugue l’intime et le collectif, nous fait vivre ensemble tout en développant chez chacun et chacune des façons singulières de voir et de comprendre le monde ? Qu’est-ce que nos langues disent de nous que nous ne disons pas ? Les notions de fluidité, de métaphore et de métamorphose ont alimenté cette démarche collective. Le contexte a permis à l'artiste de développer plusieurs oeuvres : un protocole artistique, réalisée en réponse à la commande, mais aussi une oeuvre typographique, une série de dessins, des multiples, une série de vidéos, un film d'artiste. Également, plusieurs épisodes ont été co-produits au sein du podcast NA3NA3.

mispelaere